L'avis des éditeurs
Blade Runner, le film de Ridley Scott, a imposé la vision futuriste et apocalyptique d'un Los Angeles dévasté, livré au chaos. Ce que montre
Mike Davis dans cet essai, c'est que le visage futur de la ville, dont tous les
éléments sont déjà en place, sera à la fois moins spectaculaire et, en un
sens, beaucoup plus effrayant. Véritable laboratoire social et urbanistique,
Los Angeles offre d'ores et déjà le modèle vers lequel tendent les mégapoles modernes : destruction de toute mixité sociale par cloisonnement strict des populations dans des quartiers réservés, certains laissés à l'abandon et à la domination des gangs, tandis que les couches les plus aisées se "bunkerisent" grâce à la généralisation de la vidéosurveillance et des milices de sécurité privées. La ville vit désormais dans un état perpétuel de "guerre sociale de faible intensité", susceptible à tout moment d'éclater, comme lors des émeutes provoquées par le tabassage de Rodney King. À la fois sociologique, urbanistique et politique, illustré de photos saisissantes, l'essai de Mike Davis, qui s'appuie autant sur des statistiques précises que sur son expérience personnelle, au-delà du cas de Los Angeles, offre un portrait saisissant de l'Amérique contemporaine et de l'évolution qui menace les sociétés occidentales.
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